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ANALYSES ET RÉFLEXIONS
 
 
Première, 2e, 3e génération

Synopsis

À l’origine, cette analyse a été faite pour répondre à une demande de la Commission théologique de la Commission Justice et Paix Wallonie-Bruxelles, dans le cadre d’une réflexion que cette Commission mène sur l’accueil de l’étranger et l’interpellation que la pluralité culturelle représente pour les chrétiens. Il s’agit d’un diagnostic de la situation actuelle des populations d’origine immigrée, en particulier marocaines et turques dans la région bruxelloise et des problèmes qui se posent à ces populations. L’analyse du présent est préparée par une évocation de l’évolution des 25 dernières années et mise en perspective avec la définition de l’intégration par le Commissariat Royal à la Politique des Immigrés (1989). Malgré le langage courant qui parle toujours d’immigration, ces populations sont aujourd’hui établies en Belgique et tous les jeunes et beaucoup d’aînés ont la nationalité belge. Ils constituent, dans la société bruxelloise, une minorité (analogue à la minorité noire aux USA), qui garde son originalité et reste souvent discriminée. Malgré beaucoup d’exemples de promotion économique et sociale, la plus grande partie de ces populations continue à appartenir aux couches les moins favorisées de la société. Elles font l’objet de discriminations sur les plans de l’accès à l’emploi, au logement, etc. Une partie d’entre elles est tentée par un repli identitaire. On aborde en particulier le problème des courants intégristes qui parcourent la communauté musulmane et la difficulté de trouver des interlocuteurs autorisés dans cette communauté. L’intégration, « politique de longue haleine », passe par une politique sociale généreuse et efficace, la lutte déterminée contre les discriminations et la responsabilisation démocratique des populations elles-mêmes. Les chrétiens, par leur expérience des évolutions depuis Vatican II, peuvent aider les musulmans à « se trouver bien » dans une société laïque moderne sans perdre leur identité positive.

Jean-Marie Faux, SJ, Centre AVEC, octobre 2005, 7 pages A4.