Paroisses
catholiques hispanophones et lusophones
de Bruxelles ou le religieux comme facteur social et identitaire
Synopsis
L’immigration économique en provenance d’Amérique
latine est de plus en plus importante en Belgique, en particulier
à Bruxelles. Ce phénomène a une répercussion
sur l’organisation du culte catholique à Bruxelles.
À l’heure actuelle, neuf paroisses proposent leur
culte en espagnol et trois en portugais et les personnes
en provenance d’Amérique latine y ont remplacé
en grande partie l’ancien public issu des immigrations européennes.
La plupart des nouveaux immigrants sont en situation irrégulière.
Dans ce contexte de précarité, ces paroisses
représentent un repère, un lieu de socialisation
et de solidarité et, à la limite, un asile,
en un sens qui déborde le phénomène
particulier des occupations d’églises par les sans
papiers. Autour des activités proprement religieuses
se développe tout un réseau de rencontres,
de services mais aussi de fêtes et de manifestations
culturelles, dont la procession du Divino Niño Jesus
et tout ce qui l’entoure sont un bel exemple. La paroisse
catholique latino-américaine est ainsi à la
fois, pour les migrants, « patrie portative »
et créatrice de lien social. La vitalité de
ces pastorales, en mettant en relief le rôle social
de la communauté chrétienne, interpelle notre
Église européenne trop marquée sans
doute par l’individualisme et la sécularisation.
Plus généralement, elle donne à penser
aux analystes sociaux et aux responsables des politiques
d’intégration sur le rôle des religions en
contexte de migration.
Emmanuelle Piccoli, Centre AVEC, mai 2007, 7 pages A4.
|