Le 08 décembre 2025

Migrations climatiques : des réalités ignorées

Partout dans le monde, le changement climatique contraint des millions de personnes à se déplacer, temporairement ou durablement. Pourtant, malgré l’ampleur des enjeux, le traitement politico-médiatique de ces mobilités reste largement insuffisant et souvent inapproprié. Quelles sont les causes, les données, les défis et les perspectives des migrations climatiques ? Comment appréhender celles-ci dans toute leur complexité ? Et quelles politiques faudrait-il mettre en œuvre, aux niveaux mondial, européen et belge pour y répondre plus adéquatement ? Une analyse d’Elisabeth du Parc, politologue, experte en migrations climatiques.

crédit : Kris Eaoi – Unsplash

En Guinée, les pêcheurs de Conakry voient progressivement leurs réserves de poissons s’amoindrir du fait de l’acidification des océans, de la surpêche et de la pollution marine. En Somalie, les populations du sud du pays ont dû partir, manquant d’eau et de nourriture, fuyant le groupe armé Al-Shabaab ainsi que les sécheresses et les inondations qui dévastent la région. Aux États-Unis, des feux de forêt rendent irrespirable l’air de Los Angeles après y avoir dévasté des quartiers entiers, y compris les plus cossus. Sur les îles Solomon, l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des tempêtes, l’élévation du niveau de la mer ainsi que l’érosion côtière viennent peu à peu grignoter les terres paradisiaques de cet État du Pacifique.

La migration est l’histoire de l’humanité. Les populations se déplacent depuis des millénaires, y compris pour des raisons climatiques. Le changement climatique auquel nous faisons face, lié à l’impact des activités humaines, accélère ce phénomène. Que deviennent les personnes qui font face à ces catastrophes, si elles y survivent ? Souvent forcés, parfois volontaires, généralement un peu des deux, les migrants, déplacés, exilés, diffèrent tant par leur pays d’origine que par leur type de mouvements. Que leur exil soit permanent ou temporaire, les personnes qui migrent (pour une très grande majorité à l’intérieur des frontières de leur pays) sont motivées par des raisons très différentes, telles que la perte d’un emploi, d’une maison, d’un proche ou de terres sacrées.

Chiffres, termes et données

Aucun pays n’est épargné par les bouleversements climatiques, mais les conséquences varient fortement selon les degrés d’exposition, le niveau d’anticipation, les types de vulnérabilités et les capacités d’adaptation de chacun. En 2024, pour 163 pays, on a comptabilisé environ 45,5 millions de nouveaux déplacements internes liés à des catastrophes climatiques. De ce chiffre ont été exclus les évènements géophysiques qui sont difficilement associables au changement climatique. Un chiffre record, plus de deux fois plus élevé qu’en 2015, date à laquelle l’Observatoire des situations de déplacement interne, basé à Genève, a commencé son travail. Un quart de tous les déplacements internes enregistrés en 2024 proviennent des États-Unis, bien que l’Asie de l’Est et du Pacifique soient les régions les plus touchées, avec près de 15 millions de nouveaux déplacements liés à des catastrophes.

Les chiffres globaux dont nous disposons sont très souvent une sous-estimation de la réalité, notamment en raison du manque d’accès aux bases de données nationales et locales sur les catastrophes et leur impact, si celles-ci existent. Par ailleurs, aucun chiffre global n’existe actuellement sur les mouvements de populations transfrontaliers, minoritaires en comparaison des mobilités internes aux pays, car il est souvent très difficile d’établir le facteur principal de départ. Les évènements climatiques – surtout quand ils se développement lentement, tels que les sécheresses, la désertification ou la montée du niveau de la mer – se combinent souvent avec des raisons économiques, sociales, culturelles ou politiques pour expliquer un départ et justifier une destination, s’il y en a une. Pour les communautés des îles Solomon, les projets de réinstallation suite à la disparition des terres prennent en compte le lien profond entre l’identité culturelle et l’attachement aux terres ancestrales. Dans le cas de la Somalie, l’insécurité créée par les conflits armés entre le gouvernement et Al-Shabaab s’ajoute à la gestion des conséquences de la sécheresse par l’un ou l’autre acteur. Cela mène à des manques de nourriture et d’eau, et provoque la fuite de beaucoup, parfois pour une énième fois. Certains sont empêchés par le groupe armé de quitter leurs terres[1].

Lorsque les déplacements liés à des catastrophes se mêlent aux conflits armés, les vulnérabilités et les inégalités s’accroissent encore. Le nombre de pays rapportant des déplacements causés à la fois par des conflits et des catastrophes a triplé depuis 2009. Par ailleurs, plus de 75% des déplacés internes à la suite de conflits ou d’épisodes violents, comptabilisés à la fin de 2024, vivent dans des pays à haute ou très haute vulnérabilité au changement climatique[2]. Les pays pauvres, souvent les plus instables, sont ceux qui contribuent le moins au changement climatique, et en sont pourtant les principales victimes. Ces États disposent de capacités limitées pour anticiper et répondre aux risques climatiques. Par ailleurs, ces pays sont également les grands oubliés de la finance climatique : en 2020, le financement climatique par habitant s’élevait à 5,06 dollars dans les pays connaissant des conflits de moyenne intensité. Dans les pays affectés par des conflits de forte intensité, ce montant chutait à 2,74 dollars, tandis que les pays non affectés bénéficiaient en moyenne de 7,19 dollars par habitant[3]. Et cet écart ne cesse de s’accroitre.

Les projections du nombre de migrants climatiques attendus dans les prochaines décennies varient grandement d’une source à l’autre, jusqu’à atteindre un milliard. Le chiffre le plus fiable trouvé à ce jour, et utilisé largement par les agences de l’ONU, provient de la Banque mondiale et fut établi en 2021. Il est estimé que d’ici à 2050, le changement climatique pourrait forcer jusqu’à 216 millions de personnes à circuler au sein de leur pays dans six régions du monde[4]. Ce chiffre pourrait diminuer de 80% si une action climatique sérieuse est menée d’ici là. Publié en 2022, le dernier rapport en date du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est également très explicite sur le sujet. Le Groupe de Travail II de cet organe indique que l’augmentation de l’intensité des vagues de chaleur, incendies, sécheresses et inondations – en particulier les deux dernières – constitue déjà un facteur majeur de mobilité humaine involontaire à l’échelle mondiale, et leur probabilité et fréquence accrues continueront à favoriser les migrations. Il souligne la nature néfaste de la mobilité climatique, génératrice de vulnérabilités lorsqu’elle est subie et non planifiée, notamment dans des contextes d’insécurité alimentaire et de pénurie d’eau[5].

Les termes ne sont pas neutres
Le terme de « mobilité climatique/environnementale » ne fait pas consensus. Il est utilisé par l’OIM, l’agence de l’ONU pour les migrations, pour désigner un large spectre de réalités. La notion de mobilité fait référence à la fois à la migration (qui sous-entend une mobilité relativement volontaire), aux déplacements (forcés) et aux réinstallations planifiées (planned relocation, en anglais). Toutefois, les mots choisis s’adaptent au fur et à mesure que la recherche évolue. Un consensus existe toutefois quant à l’exclusion de l’expression « réfugié climatique » pour expliquer ce phénomène. Souvent utilisée par les médias, elle n’est pas juridiquement correcte, puisque la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés fuyant des persécutions n’inclut pas les atteintes à l’environnement comme motif pour l’octroi d’un statut de protection internationale et concerne uniquement les mouvements transfrontaliers. Dès lors, l’utilisation de l’expression « réfugié climatique » peut être problématique car elle pourrait affaiblir la protection accordée aux réfugiés par la Convention de Genève, si celle-ci devait être renégociée pour l’y inclure, au vu des politiques nationalistes anti-migration (et même « anti-solutions ») qui pullulent actuellement. La question de la mobilité humaine est principalement abordée via le cadre et les principes relatifs aux droits humains.   Par ailleurs, le terme de catastrophe naturelle (natural disaster, en anglais) n’est plus utilisé. Un aléa est naturel alors que la catastrophe qui en résulte ne l’est pas. Un cyclone d’une même intensité peut frapper deux pays de deux régions distinctes et entraîner des conséquences très différentes. Un aléa deviendra une catastrophe une fois qu’il atteindra et affectera une société ou une communauté. Utiliser l’adjectif « naturel » revient à ignorer les vulnérabilités, bien souvent socio-économiques, sous-jacentes et donc le rôle des humains dans la survenance de la catastrophe en raison de leur négligence quant à la prévention, l’anticipation et réduction de tous les risques, et notamment ceux de déplacements. Par exemple, beaucoup de propriétaires localisés dans des zones à risque de Los Angeles n’ont pas vu leurs contrats d’assurance incendie renouvelés par les assureurs entre 2020 et 2022, ce qui les a forcés à recourir à des assurances de dernière option, lesquelles ne cessent de coûter davantage et offrent une couverture moins importante. Les incendies de janvier 2025 ont laissé de nombreuses familles sans maison, et à moins qu’elles ne disposent des moyens de reconstruire plusieurs fois, les ont forcées à migrer vers d’autres endroits assurés de la Californie.

La Belgique et l’Europe

Bien que dans une moindre mesure, puisque mieux préparée, l’Europe est également concernée par ces (risques de) déplacements. Les fortes précipitations de juillet 2021 ont provoqué 243 morts et au moins 83.000 déplacements en Belgique, en Allemagne et aux Pays-Bas. Beaucoup, en particulier les propriétaires, ne sont toujours pas rentrés chez eux ou n’ont pas pu reconstruire dans les endroits sinistrés. À la suite de ces inondations a été créé le Centre d’analyse des risques du changement climatique (Cerac), qui mentionne les déplacements internes comme un facteur potentiel de fragilisation de la cohésion sociale, de problèmes de santé et de stress majeur. Le rapport appelle à anticiper ces déplacements, et ce particulièrement dans le contexte d’une augmentation des inondations côtières et fluviales. Il recommande également de surveiller les impacts sur le long terme. La gravité du risque est considérée comme allant de substantielle à 2°C de réchauffement, jusqu’à catastrophique à 4°C. Pourtant, le niveau de préparation politique est considéré comme bas, et le sujet n’est pas pris en charge, ni par la région, ni par le fédéral[6].

Par ailleurs, le dernier rapport sur l’évaluation européenne des risques climatiques indique d’une part que l’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement, et d’autre part que l’augmentation du nombre d’inondations pourrait mener à davantage de mobilité forcée et volontaire, au sein du territoire européen ainsi qu’en provenance de l’extérieur[7]. À l’inverse du Cerac, l’Agence européenne pour l’environnement ne considère cependant pas les déplacements de populations comme un des risques majeurs liés au changement climatique. D’une façon générale, l’Union européenne continue à traiter la mobilité climatique comme un sujet de coopération extérieure et non comme un enjeu de politique intérieure. Toutefois, marquant une évolution par rapport à la simple mention du climat comme facteur aggravant de déplacements, le dernier rapport traitant du climat et de l’environnement en Europe reconnaît la contribution de la migration à la transition écologique, à travers des programmes « verts » de perfectionnement et de reconversion professionnelle[8].

La migration comme stratégie d’adaptation

Le GIEC indique que la mobilité volontaire, sécurisée et planifiée peut constituer une politique d’adaptation climatique. À cet effet, la réduction des émissions de CO₂ ‒ en particulier par les plus gros émetteurs que sont les pays du Nord ‒ doit s’accompagner de politiques d’adaptation nationales et locales appropriées afin de soutenir les départs souhaités et permettre à celles et ceux qui le désirent de rester, dans la mesure du possible. Par exemple, la mise en place de formations professionnelles et de solutions de logement par la ville de Conakry pourrait offrir de nouvelles opportunités aux pêcheurs de la côte. L’augmentation des capacités à s’adapter à des conditions changeantes permet d’améliorer le caractère volontaire de la migration, de façon que celle-ci soit choisie, et non forcée. Il est important de noter aussi que les réponses apportées à des catastrophes, telles que des inondations, peuvent créer de nouveaux risques et des inégalités qui y sont associées si elles n’ont pas été établies en consultation avec les communautés concernées. On parle alors de « maladaptation ».

Permettre la migration, c’est procurer une stratégie d’adaptation lorsque les autres solutions ont été épuisées. C’est aussi empêcher certaines populations de se retrouver coincées. Depuis quelques années, la question de l’immobilité dans un contexte de mobilité climatique se fait plus pressante. Du fait que la migration représente un certain coût, des populations entières n’ont pas la possibilité financière ou même physique (pour les personnes âgées et/ou avec un handicap) de se déplacer, et se retrouvent face à des situations dangereuses telles des cyclones ou des incendies. D’autres font le choix de rester, malgré les risques, par amour pour leur terre ou par fidélité à leurs animaux de compagnie qui ne sont pas acceptés en hébergement d’urgence.

Certaines zones du monde sont devenues inhabitables, car inexploitables ou trop exposées aux risques climatiques, et ne permettent plus aux populations qui le souhaitent de rester in situ. À cet égard, les programmes de réinstallation organisée constituent un type de mobilité humaine à part entière, mis en place par des communautés ou des pays, parfois avec l’aide d’agences onusiennes. Plus de 400 cas ont été recensés récemment par des chercheuses[9]. Au total, 40% des réinstallations ont eu lieu en Asie, et 38% dans les Amériques, principalement en réponse à des inondations. À noter cependant que l’inondation constitue rarement l’évènement déclencheur. On a plutôt affaire à une multiplicité des causes de migration. La planification et la mise en place de ces réinstallations doivent se faire en concertation avec les communautés concernées, en plaçant au cœur de l’opération le respect des traditions et des droits humains.

Solutions

La mise en place de politiques publiques nécessite une approche commune et interdisciplinaire entre les secteurs de l’asile et de l’intégration d’une part, et de l’action climatique et environnementale d’autre part. Mais sont également concernés des domaines auxquels on penserait moins à priori : le monde de la santé, de la planification urbaine et rurale (et leurs connexions), la protection de la biodiversité, l’assainissement et la gestion des déchets, la citoyenneté… La mobilité humaine cristallise les liens entre ces enjeux.

Au niveau international, l’agence de l’ONU pour les migrations (OIM) travaille à accompagner les autorités régionales, nationales et locales dans leur mission d’intégration du climat et de l’environnement au sein des politiques migratoires et vice versa. Le Haut-Commissariat aux réfugiés (UNHCR) cherche à renforcer la protection des plus vulnérables. Les récentes coupes budgétaires des États-Unis ainsi que des États membres de l’Union européenne – 25% en moins en Belgique pour la coopération au développement dans le dernier accord de gouvernement fédéral – ont significativement affecté le pouvoir d’action des agences onusiennes actives dans les domaines du développement, de l’humanitaire et de la consolidation de la paix.

En collaboration avec d’autres organisations internationales, elles ont cependant obtenu la création du Fonds de réponse aux pertes et préjudices qui est le premier mécanisme de financement climatique qui intègre la migration, le déplacement et la réinstallation planifiée dans son champ d’application, conformément aux décisions de la COP28 en 2023. Avec des promesses de dons s’élevant à moins d’un milliard de dollars, les montants alloués restent toutefois bien en-deçà des 400 milliards de dollars estimés nécessaires aux pays en voie de développement pour faire face aux conséquences du changement climatique. Lors de la COP30[10], il est important que la mobilité humaine soit pleinement reconnue à la fois comme une dimension essentielle de ces pertes et préjudices et comme une stratégie d’adaptation. On doit également aller vers la reconnaissance du rôle essentiel des travailleurs migrants dans la recherche d’une transition juste et équitable.

Au niveau national, outre l’intégration de la mobilité humaine dans les politiques d’adaptation climatique et de réduction des émissions de CO₂, il est crucial de reconsidérer la migration avant tout comme une opportunité majeure pour chaque pays, tant économique que sociale et culturelle, si elle est considérée et traitée comme telle. L’accentuation de la dimension sécuritaire des politiques migratoires ainsi que l’utilisation de rhétoriques xénophobes et alarmistes utilisées pour dénoncer des « migrations de masse » est un frein croissant aux discussions et aux partenariats sains et fondés sur la science, tant entre pays qu’au sein de ceux-ci. L’implication des diasporas dans l’élaboration des politiques en matière d’intégration peut jouer un rôle clé. Elle est également nécessaire pour une bonne utilisation des transferts de fonds dans des projets destinés à la transition écologique. En 2024, les migrants ont envoyé 905 milliards de dollars à destination de leurs pays d’origine, un chiffre qui ne cesse d’augmenter avec les années[11].

Par ailleurs, il est crucial pour les pays d’investir dans des stratégies de réduction des risques à même de prévenir ces catastrophes, via des systèmes d’alerte par message, par exemple. Mais il faut aussi se préparer aux catastrophes en construisant des bâtiments bon marché et bien isolés thermiquement. Il faut encore répondre aux catastrophes en guidant les déplacés vers des abris ; et assurer la reprise des activités après le sinistre en permettant aux gens de rentrer chez eux au plus vite. En Belgique, bien que les stratégies d’évacuation se soient renforcées, les déplacements sur le long terme ne constituent pas encore un sujet traité en tant que tel par les régions.

Enfin, l’accompagnement des villes est absolument nécessaire pour valoriser la migration dans le cadre de la transition de même que pour accompagner ceux qui fuient les impacts du changement climatique. Les zones urbaines représentent un enjeu majeur, puisqu’elles sont responsables de 70% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, et accueilleront plus de 2,5 milliards de nouveaux habitants d’ici 2050, et ce principalement en Asie et en Afrique[12]. L’investissement dans la formation à l’emploi et le recrutement pour l’économie de transition, y compris l’intégration des migrants, pourrait rapporter aux villes jusqu’à 280 milliards de dollars[13]. Enfin, et c’est peut-être le point le plus important, quand on sait que les habitats informels sont au nombre de 1,1 milliard (on prévoit qu’ils tripleront d’ici 2050[14]), il est crucial de permettre aux nouveaux arrivants de sortir de cette « informalité » afin de limiter leur exposition aux risques climatiques, laquelle est systématiquement plus élevée pour ces catégories de population. Il faut aussi leur permettre d’accéder à l’emploi et aux services de base de façon à réduire les inégalités : les batailles pour une société plus juste et une transition équitable se mènent de front, et peu de sujets cristallisent l’interdépendance de ces deux problématiques autant que la mobilité humaine dans le contexte environnemental actuel.


[1] International Crisis Group, Fighting Climate Change in Somalia’s Conflict Zones, 10 décembre 2024.

[2] ND-GAIN, Country Index, 2025 (https://gain.nd.edu/our-work/country-index/download-data/).

[3] Josue Banga, Arthur Guillaume Julien Brochen, Lindsey Paul Jones, Benjamin Savely Notkin, Closing the Gap : Trends in Adaptation Finance for Fragile and Conflict-affected Settings, World Bank Group, 2024.

[4] Viviane Clement, Kanta Kumari Rigaud, Alex de Sherbinin, Bryan Jones, Susana Adamo, Jacob Schewe, Nian Sadiq, Elham Shabahat, Groundswell Part 2 : Acting on Internal Climate Migration, World Bank, 2021.

[5] IPCC, 2022: Climate Change 2022: Impacts, Adaptation and Vulnerability. Contribution of Working Group II to the Sixth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change [H.-O. Pörtner, D.C. Roberts, M. Tignor, E.S. Poloczanska, K. Mintenbeck, A. Alegría, M. Craig, S. Langsdorf, S. Löschke, V. Möller, A. Okem, B. Rama (eds.)]. Cambridge University Press, Cambridge, UK and New York, NY, USA, 3056 pp., doi:10.1017/9781009325844.

[6] Cerac, ICEDD, VITO, Ramboll, Möbius et Université de Liège, Belgian Climate Risk Assessment, Cerac, 2025.

[7] European Environment Agency, European Climate Risk Assessment, 2024.

[8] European Environment Agency, Europe’s environment 2025 – Main Report, 2025.

[9] Erica Bower, Sanjula Weerasinghe, Daria Mokhnacheva, Mapping of planned relocation cases : a foundation for evidence-based policy and practice, Forced Migration Review, 2022.

[10] L’article a été rédigé avant la COP30.

[11] Ratha et al., Remittances, World Bank, 2024.

[12] IPCC, Chapter 6 : Cities, settlements and key infrastructure, IPCC Sixth Assessment Report, 2022.

[13] C40 Cities, New Report : Training local workers and supporting migrants to fill green jobs gap could contribute $280bn to city economies by 2040, 25 septembre 2025.

[14] UN Habitat, UN-Habitat Assembly opens with urgent global call to action on housing, 2025.