En Question n°140

Peut-on encore vivre sans papiers ?

lire la revue

En Question est la revue du Centre Avec. Tous les trois mois, elle vous propose ses analyses, reportages, interviews et prises de position. Notre objectif ? Vous aider à comprendre le monde et vous donner le désir de vous engager.

Le dernier dossier

Peut-on encore vivre sans papiers ?

Un enfant nous est né. Mon épouse et moi avons donc tout naturellement entrepris les démarches auprès de la commune – par voie électronique, Covid oblige – pour déclarer sa naissance, afin qu’il puisse être reconnu et recevoir ses premiers documents d’identité. Rien de bien compliqué, puisque, né de deux parents belges, notre enfant reçoit automatiquement la nationalité belge. Ses droits fondamentaux lui sont garantis. Toute sa vie, il pourra participer à la vie sociale et contribuer à la société belge. Sa dignité d’être humain lui est reconnue[…]

edito

Sans papiers, sans dignité

Simon-Pierre de Montpellier

Un enfant nous est né. Mon épouse et moi avons donc tout naturellement entrepris les démarches auprès de la commune – par voie électronique, Covid oblige – pour déclarer sa naissance, afin qu’il puisse être reconnu et recevoir ses premiers documents d’identité. Rien de bien compliqué, puisque, né de deux parents belges, notre enfant reçoit automatiquement la nationalité belge. Ses droits fondamentaux lui sont garantis. Toute sa vie, il pourra participer à la vie sociale et contribuer à la société belge. Sa dignité d’être humain lui est reconnue.

Ainsi, nous avons pu inscrire notre enfant à la mutuelle. Il bénéficie d’une sécurité sociale, d’une assurance maladie et hospitalisation. Lorsqu’il tombera malade, il aura accès à des soins de qualité à des prix abordables. À l’école, il pourra participer à toutes les activités qui lui seront proposées. Plus tard, il pourra travailler, dans des conditions dignes, pour un salaire décent. S’il perd son emploi, subit un accident de travail ou devient lui-même papa, il recevra des aides dans le cadre de la protection sociale. Il sera libre de se marier avec l’amour de sa vie.

Non seulement ses droits (et devoirs) lui seront théoriquement reconnus, mais surtout, il pourra les exercer en pratique, sans préjugés, sans se cacher, sans s’auto-exclure, sans craindre d’être expulsé. L’accès aux services devrait même lui être facilité, grâce à la numérisation. Car notre enfant possède des documents d’identité, il a ses papiers, sa dignité est reconnue.

Ce n’est pas le cas d’environ 150.000 personnes – enfants, hommes et femmes – qui vivent sans papiers en Belgique, dans des conditions déplorables. Mais que pouvons-nous y faire ? Tout d’abord, ouvrir les yeux sur cette situation, voir les personnes sans papiers autour de soi, mettre des mots sur ce qu’elles vivent. Ensuite, tenter de comprendre comment on en est arrivé là, et essayer d’en retirer des pistes de solutions politiques. Enfin, s’engager, par exemple en apportant une aide matérielle, en valorisant les droits humains, en soutenant une association de terrain ou en participant à une mobilisation collective. Voir, juger, agir : autant d’étapes que vous invite à franchir ce dossier d’En Question. Plus que des papiers, il en va de notre dignité.

Les « sans-papiers » en Belgique, entre invisibilité et visibilité

Elsa Mescoli

Estimés à au moins 110.000, les migrants et migrantes en séjour irrégulier en Belgique sont des personnes –  hommes, femmes et enfants – qui résident sur le territoire depuis des années pour certaines, plus récemment pour d’autres. Les profils, les origines et les trajectoires migratoires sont divers, difficiles à répertorier de manière exhaustive de par l’impossibilité de « compter » et « décrire » des individus qui, pour l’État, n’existent pas[…]

Sotieta Ngo : « La fabrique des sans-papiers tourne à plein régime ! »

Simon-Pierre de Montpellier Frédéric Rottier

À la tête du CIRÉ, sa directrice générale Sotieta Ngo déborde d’énergie. Pour défendre la dignité et les droits humains des personnes exilées (avec ou sans papiers), elle est au contact direct avec le terrain, mobilise les associations, citoyens et citoyennes, intervient dans la presse (écrite, radio et télévision), n’hésitant pas même à croiser le fer avec le secrétaire d’État à l’asile et à la migration Sammy Mahdi[…]

Sans papiers, sans droits ?

France Blanmailland

Est-il possible de vivre en Belgique sans papiers, et si oui, comment ? La réponse à la première question est dans les chiffres – et d’autres que moi les détaillent dans ce dossier. Oui, de très nombreuses personnes, hommes, femmes et enfants, vivent dans notre pays sans titre de séjour. Les unes parce qu’elles n’en ont jamais eu, qu’elles avaient tenté leur chance, ou ne faisaient que passer et sont restées[…]

Mehdi Kassou : Face à l’immobilisme, le mouvement citoyen

Frédéric Rottier

On se souvient du « Wir schaffen das » (nous y arriverons) de la chancelière allemande Angela Merkel le 31 août 2015. À ce moment-là, plus d’un million de réfugiés frappent à la porte de l’espace Schengen. Mais peu de dirigeants emboîtent le pas à la dirigeante allemande. Le secrétaire d’État belge à l’asile et la migration de l’époque, Theo Francken, freine des quatre fers[…]

engageons-nous

toutes nos pistes d'engagement

international

La démocratie libérale à la croisée des chemins

La démocratie libérale doit faire face aujourd’hui à une série de défis globaux. Ceux-ci sont principalement liés à la crise climatique, aux enjeux de la santé publique mondiale et de la diffusion des technologies numériques ainsi qu’à un réveil des identités nationales et convictionnelles. Pour la revue En Question, Raoul Delcorde se demande si la démocratie libérale a les capacités d’affronter les nouveaux enjeux globaux pour survivre au XXIe siècle. Il propose une refonte du principe de solidarité pour préserver la démocratie.

Lire la suite
toutes nos analyses internationales

chroniques philo

L’aliénation, une saturation du futur

Alienus, adjectif latin, signifie : « qui appartient à un autre ». Étymologiquement, l’aliéné est celui qui, dépossédé de soi, se trouve soumis au bon-vouloir d’autrui. Vu sous cet angle, l’horreur que veut dénoncer le terme « aliéné », c’est l’obéissance aux caprices du différent. Et une éthique qui voudrait nous désaliéner dirait : « brisez vos chaînes, devenez vous-même, ‘soyez résolus à ne plus servir et vous voilà libres’ (La Boétie) ». Les mots séduisent, le programme est reluisant. Néanmoins, rapidement, une gêne s’installe. Est-ce donc bien notre horizon désirable que de vouloir, à tout prix, décider seul ?

Lire la suite
toutes nos chroniques philo

épinglés pour vous

Thomas Piketty

Seuil, 2021, 357 p.

Paul Colrat, Foucauld Giuliani et Anne Waeles 

Seuil, 2021, 216 p.

Cynthia Fleury

Gallimard, coll. « Tracts », 2019, 48 p.

tous nos épinglés

notre humeur

Aller à la rencontre de l’autre pour se rencontrer soi-même

Nos vies sont bien remplies : activités professionnelles, famille, amis, sport… La liste est longue. En filigrane de nos listes, y a-t-il les rencontres ? Je veux dire, les vraies rencontres ? De celles qui troublent, qui enrichissent, qui nous font voir le monde autrement, qui le nuancent ?

Lire la suite
toutes nos pistes d'engagement

à propos

En Question est la revue trimestrielle du Centre Avec. Elle éclaire les questions de société et nourrit la quête de sens de ses lecteurs. Traitant d’écologie, de démocratie et d’interculturalité, elle donne des clés pour comprendre et nourrit le désir de s’engager. À travers ses analyses, reportages, interviews, elle entend combattre les injustices, mais toujours en choisissant l’optimisme. En Question défend les valeurs de solidarité, d’égalité, de tolérance, de soin pour l’environnement et la recherche du bien commun.

Rédacteur en chef : Simon-Pierre de Montpellier.
Membres du comité de rédaction : Claire Brandeleer, Guy Cossée de Maulde, Jean Marie Faux et Frédéric Rottier.
Membres du comité éditorial : Guy Cossée de Maulde, Jean-Yves Grenet, Jean Marie Faux, Enzo Pezzini, François Tempels, Luc Uytdenbroek et Vincent Vancoppenolle.

qui sommes-nous ?