Le 22 décembre 2023

Des limites du statut de victime

En Belgique, en France et dans d’autres pays occidentaux s’affine une conscience collective douloureuse des abus et crimes sexuels, tout particulièrement au sein de l’Église catholique. Pour nous, Evelyne de Mevius revient sur la question délicate du statut de victime. Non choisi, celui-ci devient un carcan identitaire, lorsque la société projette sur la personne humaine ce statut presque inéluctable de victime. C’était là l’objet d’une réflexion prononcée au Centre Sèvres le 4 novembre 2023 dans le cadre d’une journée de réflexion organisée par le collectif Mémoires, violences sexuelles et abus dans les Églises avec le soutien de la Conférence des religieux et des religieuses de France (CORREF), de l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (INIRR) et de la Commission reconnaissance et réparation (CRR).

femme qui est floue
crédit : Ehimetalor Akhere Unuabona – Unsplash

Réunie en Assemblée plénière en novembre 2018, la Conférence des évêques de France déclarait, au sujet des crimes sexuels commis dans l’Église : « Les évêques souhaitent travailler avecles victimes pour voir comment permettre que notre histoire n’oublie pas ces actes qui ont marqué à vie trop de personnes ». Un an plus tard, Mgr de Moulins-Beaufort, président de la Conférence, déclarait, au sujet de la mise en place de la Conférence des religieux et religieuses de France (CORREF) : « les évêques encouragent ce groupe de travail à offrir aux personnes victimes qui le désireraient la possibilité de faire le récit de leur vie (et pas seulement des faits) »[1]. En un an, on passe de « victime » à « personne victime ». Un seul mot, d’une importance cruciale pour les personnes qui ont été victimes de pédocriminalité dans l’Église.

Personne victime. Le recours à cette dénomination est capital. Capital pour clarifier certaines ambiguïtés. Capital pour pousser plus loin la reconnaissance des personnes concernées. Et capital pour accompagner certaines réformes attendues depuis longtemps au sein de l’institution ecclésiastique, comme il doit l’être dans l’ensemble de la société.

J’entamerai mon propos par quelques réflexions d’ordre philosophique sur les dénominations de victime, de personne et de personne victime. Je tâcherai ensuite de répondre à deux questions. D’abord, pourquoi est-il nécessaire et utile de s’en référer à la dénomination de « personnes victimes » dans le contexte des abus sexuels commis dans l’Église catholique. Puis, comment peut-on contribuer à porter la parole des personnes victimes dans l’espace public.

 

1. Des personnes, pas seulement victimes

Qu’est-ce qu’une victime ?

D’abord, qu’est-ce qu’une victime ? Le terme vient du latin « victima », qui signifie « animal offert en sacrifice à une divinité »[2]. A ses débuts, la victime est propriatoire – c’est-à-dire offerte en sacrifice pour rendre la divinité propice – ou expiatoire – c’est-à-dire offerte en sacrifice pour expier la faute collective. Avec le temps, l’animal est devenu un être humain, sacrifié non plus à une divinité, mais à une autre volonté. Et c’est avec le temps aussi que, d’utile ou même désignée coupable, la victime en est venue à être pensée comme innocente.

La victime peut se désigner elle-même comme telle, ou être reconnue telle par une instance tierce. Dans les deux cas, la question se pose de savoir ce qu’il se passe lorsqu’on n’est « que » victime. Dans ce cas, le statut de victime (autrement dit, la « victimité ») peut en venir à prendre le dessus sur tout le reste de la personne, au point de se développer en identité. Une identité victimaire. Une identité à laquelle on associe volontiers les traits de la passivité, du repli sur soi et du ressentiment. L’identité victimaire – c’est le risque – peut finir par enfermer la personne tout entière dans sa particularité de victime, jusqu’à lui enlever tout pouvoir d’agir sur sa propre existence.

En philosophie du langage, on peut expliquer ce passage du « statut de victime » à « l’identité victimaire » par la force de la fonction performative du langage. La fonction performative du langage, c’est la capacité du langage à créer une réalité qui ne lui préexiste pas, du simple fait de nommer une chose d’une certaine façon plutôt que d’une autre. Prenons un exemple. Quand on désigne les « pauvres » comme des inadaptés sociaux, des asociaux ou des marginaux[3](ce qui fut le cas en France jusque dans les années ’60), ces catégories modèlent notre compréhension du monde, et ultimement, le monde lui-même. On comprend le réel à travers ces catégories, et en retour, on les impose au réel pour qu’il y corresponde. Jusqu’à ce qu’un jour, les « pauvres » n’aient plus besoin de qui que ce soit pour se voir eux-mêmes comme des inadaptés sociaux, des asociaux ou des marginaux. Il en est de même dans le contexte qui nous occupe. Quand on se réfère aux personnes qui ont subi des violences sexuelles comme à des « victimes », on crée une réalité dans laquelle ces personnes ne sont « que » des victimes, jusqu’à ce que ces personnes en viennent à se voir elles-mêmes seulement de cette façon.

Mais la performativité du langage fonctionne dans les deux sens. De la même manière qu’elle enferme, elle peut aussi libérer. Si on parle, plutôt que des « pauvres », de personnes en situation de pauvreté, le langage, et donc nos représentations, offre à ces personnes la possibilité d’être, précisément, autre chose, et bien plus, que seulement des « pauvres ». Il en est de même ici : dire « personne victime » plutôt que « victime », c’est permettre à ces personnes d’être autre aussi chose, et bien plus, que seulement des victimes.

Parler de personnes victimes, c’est créer une réalité dans laquelle les victimes sont avant tout des personnes. Et j’oserais aller plus loin : parler de personnes victimes, c’est contribuer à aider ces personnes à inclure le traumatisme qu’elles ont vécu dans un parcours de vie, plutôt que de le concevoir comme un événement ou une période qui les définit intégralement. Parler de personnes victimes, c’est aider les personnes concernées à acquérir une vision d’elles-mêmes qui ne soit pas uniquement celle d’un destin subi.

Qu’est-ce qu’une personne ?

Venons-en au terme de personne.

Le terme « personne » vient lui aussi du latin persona, qui signifie le « masque de l’acteur ». Quant à la signification du terme « personne », elle provient de son équivalent grec, prosôpon, qui signifie « masque de théâtre », mais également « visage ».

De notre point de vue actuel, le masque et le visage sont deux choses très différentes. Il faut s’imaginer que pour les Grecs antiques et classiques, il y a une continuité de l’un à l’autre, l’un succède à l’autre. Françoise Frontisi-Ducroux fait d’ailleurs remarquer que « l’expression ‘sous le masque’ n’est pas attestée en grec » – sur les vases et les amphores qui les représentent, il n’y a pas de ligne de démarcation claire entre l’un et l’autre[4]. Le prosôpon, nous dit Jean-Pierre Vernant, est « ce qu’on présente de soi au regard d’autrui »[5]. Il n’est pas une façade qui recouvrirait une intériorité. A vrai dire, il ne dissimule rien, mais exprime et révèle. Le sujet qu’il révèle est un sujet extraverti, immédiatement tourné vers le dehors. Dans ce contexte, c’est l’autre qui fait de ce sujet un « je ». Quant au sujet lui-même, sa conscience de soi est « l’appréhension en soi d’un il, pas encore d’un je »[6].

De « visage », prosôpon en vient à désigner la personne porteuse de ce visage. Cette personne est d’abord, au IIe siècle de notre ère, conçue au sens grammatical du terme. Lorsque les grammairiens adoptent prosôpon pour désigner la personne grammaticale, « ils ont en tête la situation d’interlocution, caractéristique du texte théâtral, qui fait entrer en jeu l’alternance ‘je-tu’ »[7]. On a donc bien ici l’apparition d’un « je », mais d’un « je » encore unidimensionnel, monochrome, indivis. Le grammairien Apollonius Dyscole (IIe siècle de notre ère) dira d’ailleurs que, si on ne peut concevoir d’impératif en première personne, c’est précisément parce que l’indivision de la personne interdit qu’on puisse se donner un ordre à soi-même[8].

D’un « je » indivis on passe progressivement à un « je » conçu comme unification du multiple, notamment sous la plume de saint Augustin. « Une nouvelle forme de l’identité prend corps à ce moment : elle définit l’individu humain par ses pensées les plus intimes, ses imaginations secrètes, ses rêves nocturnes »[9], ses projets, ses souvenirs. Progressivement, donc, la personne devient un tout unifié, capable de ramener la multiplicité de son vécu à une unité. Un tout qui se définit par la conscience de son unicité. C’est le point de départ de la personne moderne.

J’en reviens au masque. Si, à l’origine, persona est le masque de l’acteur qui raconte une histoire, le terme personne, en son sens moderne, désigne l’unicité d’une personne qui raconte non plus une histoire, mais son histoire, et qui nous apparaît non plus seulement comme un acteur, mais aussi et avant tout comme un auteur.

Qu’est-ce que, dans ce contexte, une personne victime ? C’est une personne qui a souffert d’un mal qui lui a été imposé, mais qui ne se réduit pas à cette souffrance. Une personne victime est, par définition, une personne capable de faire sienne cette souffrance, de l’intégrer dans son histoire, dans le récit de sa vie, au titre de scène, déterminante certes, mais pas englobante de son identité. Une personne victime n’est pas un personnage qui joue une histoire écrite par quelqu’un d’autre. C’est l’auteur de son propre destin en plus d’en être l’acteur principal.

Nécessité et utilité de recourir à la dénomination de « personne victime »

Pourquoi recourir à la dénomination de « personne victime » ?

D’abord, parce que c’est un dû. Étant donné ce qu’elles ont vécu, la moindre des choses est de s’adresser aux personnes victimes en utilisant la dénomination qu’elles souhaitent.

Deuxièmement, parce que cette dénomination est libératrice. Elle est libératrice d’un point de vue performatif. A l’inverse, la dénomination de victime, on l’a vu, porte en elle le pouvoir d’enfermer la personne concernée dans une identité victimaire. Elle est libératrice d’un point de vue éthique – on l’a vu également – en ce qu’elle fait signe vers une totalité de la personne dont la victimité ne serait qu’une partie. Dans tous les cas, la dénomination de personne victime atteste de la capacité de la personne à être autre chose que ce qu’elle a subi.

Troisièmement, et ce sera mon point suivant, parce que cette dénomination est susceptible de contribuer à opérer un changement de perspective en faveur d’une considération pour la personne et son intégrité dans l’enseignement en Église catholique.

Mise en contexte. La modification du Code de droit canonique en juin 2021 a fait apparaître, au Livre VI, intitulé Les sanctions pénales dans l’Église, une nouvelle infraction pour condamner, notamment, la pédocriminalité. L’article 1398 dit la chose suivante, en son §1 :

Sera puni de la privation de l’office et d’autres justes peines, y compris, si c’est le cas, le renvoi de l’état clérical, le clerc : 1° qui commet un délit contre le sixième commandement du Décalogue avec un mineur ou une personne habituellement affectée d’un usage imparfait de la raison ou avec une personne à laquelle le droit reconnaît une protection similaire.[10]

Cet article pose un certain nombre difficultés. D’abord, le fait qu’il n’y a pas de définition claire des violences sexuelles, ni d’échelle de gravité de ces violences, et encore moins de correspondance explicite entre les délits et les sanctions. Ensuite, le fait que les violences sexuelles sont interprétées au titre d’un manquement à la chasteté. L’article parle du crime sexuel comme d’un « délit contre le sixième commandement » (à savoir, « tu ne commettras pas d’adultère »). Le point qui m’intéresse est le formalisme qui caractérise ce délit.

D’après le rapport de la Ciase (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église – France), le droit canon est « conçu en vue de la protection des sacrements (…) – la personne victime étant la grande absente »[11]. On le voit ici : l’article parle d’un délit contre un commandement, non contre une personne. Ce qui caractérise le délit, c’est l’infraction par rapport à la règle. Ce qui mesure sa gravité, c’est la distance qui sépare l’acte commis de la règle, non pas la souffrance subie par les personnes concernées.

Le droit canon est empreint de formalisme, et ce formalisme est nécessaire. Il est nécessaire que le droit ne puisse punir que les crimes qu’il reconnaît par ailleurs, selon l’adage nullum crimen sine lege. Et il est nécessaire également – je suppose, je ne suis pas spécialiste de droit canon – que la loi, le référent du délit, soit un interdit de ce type (en l’occurrence, « tu ne commettras pas d’adultère »)[12]. Mais cela n’empêche pas – et le rapport de la Ciase en fait état en sa Recommandation n° 10 – que l’enseignement, dans les formations et la catéchèse, plutôt que de se focaliser sur la « matière » de l’acte, se centre sur les conséquences de l’acte pour les personnes qui le subissent, et qu’il transmette, in fine, que « le mal premier » est, non pas l’écart par rapport à la règle, mais « l’atteinte aux personnes »[13].

Comment peut-on, à notre échelle, contribuer à ce que se répande ce type d’enseignement ? En rendant courante, et la plus courante possible, dans le discours public comme scientifique, la dénomination de personne victime. Précisément parce que l’usage répandu de cette dénomination est en mesure de contribuer à ce changement de mentalités[14].

2. Considérer ensemble le délit commis et la souffrance subie

Quelle instance se trouve dans une position privilégiée pour considérer ensemble le délit commis et la souffrance subie ?  Le tiers. D’abord le tiers de justice, lorsqu’elle est restaurative. Ensuite, toutes celles et ceux qui s’emparent de la question dans une visée de non-répétition. Enfin, le tiers comme lieu. Le mémorial et/ou le musée.

Je propose, en guise de conclusion, quelques réflexions à ce sujet.

D’abord, la différence entre le mémorial et le musée. Le mémorial a pour fonction d’amener au présent un passé pour empêcher qu’il ne tombe dans l’oubli. Il porte la voix de celles et ceux qui ne peuvent parler, que ces personnes ne soient plus là pour dire leur souffrance, ou qu’elles se trouvent dans une situation qui rend très difficile cette expression. Quant au musée, le terme vient du grec Museîon, « palais des Muses ». C’est le nom qu’a reçu le centre d’enseignement et de recherche d’Alexandrie au Ve siècle avant notre ère – centre qui abritait, entre autres établissements, la plus grande bibliothèque que le monde ait connue. Là où le mémorial transmet une mémoire, le musée, étymologiquement, expose un savoir. L’un et l’autre peuvent avoir pour objectif, implicite ou non, de rappeler le passé au présent pour le dépasser et lui offrir un nouvel avenir.

Le collectif « Mémoires, violences sexuelles et abus dans les Églises » fait la distinction entre le mémorial et le musée dans ses réflexions sur l’établissement d’un lieu de mémoire consacré à la pédocriminalité dans l’Église. Il entrevoit la possibilité de créer 1) un « lieu qui permette l’écriture du récit historique des violences » – qu’on pourrait rapporter à un lieu de mémoire ; et 2) un « centre de ressources et de transmission » – qu’on pourrait identifier à un lieu de savoir. Il ajoute à ces deux lieux un troisième : 3) un « lieu d’humanité » – conçu comme un espace de lamentation, de dialogue, de réflexion et de méditation.

Ces trois lieux ont des visées différentes. Pour contribuer à les clarifier, je souhaiterais tenter d’associer ces lieux aux différents « registres du discours » distingués par le philosophe Jean-Marc Ferry dans ses travaux sur l’éthique reconstructive. A savoir la narration, l’interprétation et l’argumentation.

Le lieu du récit des violences, tant commises que subies, correspondrait au registre de la narration. La narration, c’est le registre où l’on raconte le vécu de l’événement pour faire connaître et reconnaître une histoire. Quand l’événement a provoqué une rupture dans la continuité biographique d’un individu, la narration a le pouvoir presque thérapeutique de soulager les blessures. L’important ici n’est pas de savoir si ce qui est dit a véritablement eu lieu de telle ou telle façon. Ce qui compte, c’est que ce récit soit reconnu comme ce qui parle au plus près de la personne.

Le centre de ressources et de transmission relèverait, quant à lui, de deux registres : l’interprétation et l’argumentation. L’interprétation est le registre qui donne à l’événement son sens dans un contexte, que ce contexte soit un parcours de vie personnel ou un cadre institutionnel. C’est à ce niveau qu’interviennent les explications causales qui répondent à la question du pourquoi, et éventuellement du par qui. Quant à l’argumentation, c’est le registre de la problématisation et de la justification au moyen de raisons. Ici, il ne s’agit plus de raconter un vécu, ni d’en expliquer les causes, mais de donner des raisons pour défendre telle ou telle position, par exemple, une série de réformes.

Narration, interprétation, argumentation. Lorsqu’on se trouve dans une configuration où on peut raconter un événement, en expliquer les causes et justifier des positions à l’aide de raisons, on est, toujours d’après Jean-Marc Ferry, en plein processus de reconstruction. Qu’est-ce que la reconstruction ? C’est une éthique de résolution de conflits qui vise à reconstruire une relation brisée. Le but de la reconstruction n’est pas de permettre à la relation d’être restaurée telle qu’elle existait avant la crise. Son objectif tient plutôt dans un dépassement du drame ; dépassement qui se joue dans la libération de la communication entre les parties ainsi qu’avec elles-mêmes. L’objectif est, finalement, de rendre l’avenir différent du passé.

Tel qu’il est pensé aujourd’hui, le lieu de mémoire envisagé par le collectif Mémoires, violences sexuelles et abus dans les Églises rend possible la rencontre des registres de la narration, de l’interprétation et de l’argumentation. Plus spécifiquement encore, il semble que cette rencontre est même ce qui est attendu du troisième lieu, ledit lieu d’humanité. C’est là, semble-t-il, que les visiteurs sont invités à poser tous les gestes typiques d’une reconstruction : se lamenter, écouter, méditer, essayer de comprendre, analyser, prendre position et s’engager.

Est-ce qu’un lieu de mémoire doit nécessairement solliciter l’ensemble de ces registres ? Non.  On peut tout aussi bien s’en tenir au symbole. Je pense par exemple à la sculpture Esse est Percipi d’Ingrid Rosschaert dans la basilique de Koekelberg[15] à Bruxelles. Ceci étant, je dirais que, si un lieu de mémoire fait intervenir des récits de personnes victimes, il paraît nécessaire de les accompagner d’explications qui leur donnent sens et de positions fermes et concrètes en vue de reformes. Il s’agit là d’un geste qui honore la parole des personnes victimes en l’incluant dans une démarche de non-répétition du crime. Un geste qui, par là, prolonge la reconnaissance des personnes victimes dans une visée de justice. Cette justice qu’on peut envisager, dans ce contexte, comme l’effort fourni collectivement pour que ces crimes, tout comme la souffrance des personnes victimes, appartiennent, eux aussi, un jour, au passé.

Notes :

  • [1] Rapport de la Conférence des évêques de France sur la lutte contre la pédophilie dans l’Église, novembre 2020.

    [2] Trésor de la langue française.

    [3] Axelle Brodiez Dolino, « De la connaissance à la reconnaissance », dans Bruno Tardieu et Jean Tonglet (dir.), Ce que la misère nous donne à repenser avec Joseph Wresinski, Paris, Hermann, 2018, p. 70.

    [4] Voir Françoise Frontisi-Ducroux, Du masque au visage. Aspects de l’identité en Grèce ancienne, Paris, Flammarion, 1995, p. 17, dans Frédérique Ildefonse, « La personne en Grèce ancienne », Terrain [En ligne], 52, 2009. Les références mentionnées au point 1.2 sont issues de ce dernier article.

    [5] Jean-Pierre Vernant, « Au miroir de Méduse », dans L’Individu, la mort, l’amour. Soi-même et l’autre en Grèce ancienne, Paris, Gallimard, 1996, p. 118.

    [6] Jean-Pierre Vernant, « L’individu dans la cité », dans ibid., pp. 226-227.

    [7] Jean Lallot, « Acteur », dans Barbara Cassin (dir.), Vocabulaire européen des philosophies. Dictionnaire des intraduisibles, Paris, Éditions du Seuil / Le Robert, 2004, p. 23.

    [8] Apollonius Dyscole, De la construction, Paris, Vrin, 1997, III, 105.

    [9]  Jean-Pierre Vernant, « L’individu dans la cité », in L’Individu, la mort, l’amour. Soi-même et l’autre en Grèce ancienne, Paris, Gallimard, 1996, p. 231.

    [10] Livre VI – Les sanctions pénales dans l’église, deuxième partie – les délits singuliers et les peines prévues pour eux, Titre VI – délits contre la vie, la dignité et la liberté humaines, entré en vigueur le 8 décembre 2021.

    [11] Rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), Les violences sexuelles dans l’Église catholique. France 1950-2020, Octobre 2021, § 0076.

    [12] Le rapport de la Ciase recommande d’ailleurs, « pour qualifier, en droit pénal canonique, les violences sexuelles commises sur des mineurs et personnes vulnérables, (de) substituer à la référence au sixième commandement (« Tu ne commettras pas d’adultère »), une référence au cinquième commandement (« Tu ne tueras pas ») » (Ibid., Recommandation n° 37).

    [13]  Ibid., Recommandation n° 10.

    [14] Dans son article « Abus sexuels dans l’Église et enseignement de la morale sexuelle », Jacques de Longeaux fait des propositions très concrètes à cet égard (Jacques de Longeaux, « Abus sexuels dans l’Église et enseignement de la morale sexuelle », Revue d’éthique et de théologie morale, 2023, vol. 2, n° 317, pp. 77-84).

    [15] Installée le 8 avril 2017 (www.cathobel.be/2017/04/etre-cest-etre-reconnu/).